Nessbeal - Sélection Naturelle
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Nessbeal revient pour son 4e album "Sélection Naturelle", plutôt attendu par les médias spécialisés. Il faut dire que le rappeur issu du groupe Dicidens a fait les choses en grand. Ses 4 premiers extraits se sont vu clippé pour 3 d'entre eux mais surtout ont permis au rappeur d'ouvrir un peu le spectre de son rap.
Bien que "Gunshot" fasse le travail pour son public de base, orienté urbain, il suffit de voir le clip "Force et Honneur" pour comprendre que Ne2s a passer un cap et musicalement c'est encore un cran au dessus.
Difficile de ne pas être emballer par ce 4e opus du rappeur qui manie l'écriture avec aisance et ses univers de mieux en mieux. Non seulement ses textes ont muri mais il a su se faire fort de sortir des règles du rap! Ok, il n'en demeure pas moins qu'il conserve des titres "rues", comme "Gunshot" ou "Zbeule", même si ce dernier peut avoir une très belle vie sur scène, tant il est rentre dedans et bien structuré. Nessbeal se lâche tant sur les prods assurées entre autres par Gee Futuristic, Bellek, Skread ou Street Fabolous que sur les thèmes.
Dans la mysoginie ambiante du rap lui tient un tout autre discours sur "J'suis un salaud" difficile d'y être plus explicite mais il se lâche sur "Gingerwine".
Quand je vous parle de progression, il s'agit aussi de maturité. Si Ne2s n'a jamais versé dans la plume analphabète, lui a la décence d'une réalité compliquée comme l'atteste "Force et Honneur" ou encore quand il disserte sur sa propre vie et sa mère dans "Nabil". Prenant mais aussi touchant ce titre dresse un tout autre portrait du rappeur qui prend une nouvelle dimension et s'extirpe avec aisance du carcan rap. Tout comme le pari de ramener Melissa NKonda pouvait sembler risqué. Soprano (dans un registre sombre), Isleym, You, La Fouine et Debrouya complètent le tableau des guests.
Toujours très sombre avec "La Naissance du Mal" il y enchaîne et superpose état d'esprit et constat social, sans y poser un refrain, car ce sont les scratchs qui y prennent place, très hip hop comme structure.
Son duo avec Isleym sur "La Nébuleuse des Aigles" enfonce le clou de la désillusion urbaine, on sort de cet album satisfait de son écoute et on fini par se dire que malgré des ventes toujours compliquée "c'est vrai j'vends pas d'disques", Nessbeal marque un peu plus son territoire et l'esprit des auditeurs.
Trez


