Salif - Qui M’aime Me Suive
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C'est avec 1995 que Salif débute dans le rap. Il rappe au sein de duo Nysay avec Exs et se fait remarquer par Zoxea et Ziko. Un passage chez C2Laballe et chez Beat 2 Boul et le voici qui signe en 2001, un 1er solo dérangeant. Entre alcoolisme et mélancolie, Salif est déjà loin du cliché du rap avec son "Tous Ensemble Chacun Pour Soi" signé chez IV My people. Dès le départ les cartes sont tronquées, Salif ne fera que du Salif. Son talent aidant, il pose à de nombreuses reprises sur des projets avec Akh, Shen ou encore Lino. Il faudra, malheureusement, attendre 2009 pour voir une suite a ce 1er album.
Salif ne lâche rien, au contraire, les mix tapes, il les empile et revient déjà avec "Qui M'Aime Me Suive". Mix-tape aux allures de nouveau souffle le rappeur boulonnais prouve que la musique ne s'arrête pas qu'au rap. Faut dire que toujours entouré par un label, le mc a su se prendre en main, "de toutes façons moi j'suis tout seul à m'battre".
Pochette blanche, simple, cette mix-tape se veut un pont entre son dernier album et le futur de Salif. Il l'a d'ailleurs annoncé clairement en interview le titre "Homme Libre" serait la nouvelle tournure de son rap. Salif ne se pose pas de questions, la guitare dans ses prods ne lui pose aucun problème, "l'ambiance est rock même si les mots sont de l'asphalte". Mêlant l'egotrip à une écriture fine, Salif ne fait pas mentir son bic. Rien ne l'empêche de lâcher quelques vulgarités au passage, mais n'est pas rappeur qui veut.
Capable de retourner de lui-même au "rap ter-ter", il sait retourner à la mélancolie avec "Nostalgie du Block" ou d'envoyer les chevaux (autant que les propos) sur "On Allume". Difficile de ne pas faire l'analogie entre le travail d'un Weezy aux États-Unis avec celui d'un Salif sur "Qui M'Aime Me Suive" (ou même avec le clip "Stop"). Dans un souci de clarté, Salif ne suce pas Weezy, mais il est notable que le rap qui murit retourne à une musicalité qu'on a perdu en même temps que nous avons perdu la culture du sample.Il ne s'arrête pas à ce titre, le très bon "Prison de vers" ou Saza crache ses tripes, le rap est trop plein de codes, de règles, dont le rappeur tend à se défaire.
"Banlieue Française", vient régler quelques comptes avec les grandes lignes des médias, alors que le plus doux "J'aime pas les Clubs" et son ambiance dancefloor, "un David Guetta-pend" prendra l'auditeur à contre pied. Un peu d'humour sur "Jean Slim" fait la balance avec "O.D". Salif demeure très fort sur ses thèmes comme sur ses punchlines, l'école du 92 lui a beaucoup servi.
Un projet indépendant plus musical que bon nombre de sortie estampillée album. On salut le travail de Saza qui justifie le travail effectué depuis de nombreuses années. Les écoutes de "Prison de Vers", "Salif vs Salif" ou "Qui M'aime me Suive" ne devraient que vous convaincre.
Trez


